Fraefoussball: Entretien mam Xavier Breuil
"Depuis les années 70, il y a un véritable changement"
Question: Peut-on être femme et fan de foot? Ou à l'inverse, peut-on être un homme et ne pas aimer le ballon rond? Echsimega.lu a posé la question à Xavier Breuil, docteur en histoire et chercheur rattaché au cevipol (ULB)
En tant que chercheur, Xavier Breuil a écrit une thèse sur les femmes et le football. "On peut tout à fait être une femme et aimer le foot", explique-t-il, "tout comme un homme a le droit de ne pas s'y intéresser". Le chercheur constate d'ailleurs qu'il y de plus en plus de femmes qui s'intéressent au foot: "En France, le nombre de spectatrices a augmenté de 10 à 20% parce que les stades bénéficient d'une sécurisation croissante."
De plus, cette augmentation correspondrait à un changement de profil du spectateur. "On n'a plus affaire à des supporters classiques, venus pour soutenir leur club, mais plutôt à des spectateurs et à des spectatrices venus assister à un beau match" souligne le chercheur qui poursuit que certains groupes "ultra" de supporters masculins préfèrent néanmoins rester entre eux, plutôt que d'intégrer des femmes dans leur clique.
Pourquoi? Tout simplement parce que le foot a longtemps été une histoire d'hommes. Pour définir cela, Xavier Breuil utilise un terme technique: la "socialisation masculine". Inutile de te donner une longue explication : le foot a longtemps été un sport pratiqué par les hommes pour les hommes, bref, un loisir et un sujet de discussion marqué par la masculinité.
Question de respectabilité
Sans doute te dis-tu qu'il aurait suffit que les femmes se mettent à jouer au foot entre elles pour que ça bouge ? C'est-ce qu'elles ont fait, même si les choses n'ont pas été si simples. Xavier Breuil relève que la FIFA et l'UEFA ont longtemps été hostiles à la promotion du football féminin. Il y a pour cela plusieurs raisons. La principale est celle de la respectabilité, surtout au niveau mondial. Les présidents des fédérations sont des gens très puissants et leurs décisions peuvent avoir une influence sur des milliers de personnes (exemple: la coupe du monde actuelle). Regarde aussi les joueurs: ils ont tous une réputation à défendre, une image de dur qu'ils aimeraient préserver, surtout quand il y a des enjeux financiers. Bref, quand on détient le pouvoir, on n'aime pas le partager; on aime plutôt se faire respecter. Et la meilleure façon de garder ce pouvoir, comme le suggère Xavier Breuil, c'est de créer un groupe (comme le font d'ailleurs les supporters un peu macho) et d'exclure ceux et celles avec qui l'on ne veut pas partager les privilèges. C'est ainsi que les femmes ont longtemps été exclues des fédérations professionnelles.
La situation a changé dans les années 70, quand des femmes se sont mises ensemble pour jouer au foot. Petit à petit elles ont mis la pression sur les fédérations, jusqu'en 1988, lorsqu'un premier match officiel au niveau mondial a eu lieu entre deux équipes féminines. Depuis 1991, la coupe du monde de foot féminin a lieu tous les quatre ans.
N'empêche, il y a des moments où le foot est bien plus gai quand il est pratiqué entre garçons et filles. C'est ce qui se passe dans certains pays où le football est mixte, et se pratique entre garçons et filles. Pour en savoir davantage, reviens demain sur www.echsimega.lu








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